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De l’importance de l’intelligence émotionnelle

La méditation au service du lien émotion & raison

 

Dans notre culture occidentale, fondée sur une vision « cartésienne » souvent caricaturée, nous opposons émotion et raison, cerveau émotionnel et cerveau rationnel.

 

Cette vision dualiste impose dans bien des domaines de notre quotidien, et en particulier dans celui du travail, l’oubli pur et simple des émotions. Et même si cela évolue, grâce à l’apport des sciences neurocognitives, elles sont la plupart du temps abordées sous l’angle de la gestion : apprendre gérer ses émotions… Sous couvert de « gestion », il est en fait souvent question de contrôle, bref d’une forme de dressage… Un peu comme s’il existait en nous une bête sauvage à dompter !

 

Dans ce sens, le management essaie le plus souvent d’imposer, de contrôler les émotions. Par exemple, pour les personnes assurant des missions d’accueil, il est prescrit de sourire même si l’on en n’a pas envie, et cela doit paraitre sans effort. En outre, il est souvent demander aux personnes de « gérer » aussi les émotions des clients. Les conséquences de ce « travail émotionnel » sont néfastes en terme de santé mentale : l’individu peut ressentir une dissonance émotionnelle, c’est-à-dire un malaise en raison du fait qu’il est partagé entre deux ou plusieurs sentiments contradictoires. Et cette expérience d’un manque d’authenticité des émotions exprimées au travail peut être une source importante de stress[1].


Dominique Steiler de la chaire Paix économique, Mindfulness et Bien-être au travail à Grenoble, précise par ailleurs que la difficulté de parler de ses émotions au travail est un frein aux démarches préventives et donc au bien-être au travail. Les émotions sont rarement abordées par les managers, sous prétexte de ne pas vouloir montrer leurs faiblesses.

 

Or il y a urgence à vivre et à exprimer ses émotions, à se rencontrer aussi sous cet angle.

Les connaissances scientifiques actuelles « placent les émotions au cœur, voire à l’origine de nos actes et de nos décisions »[2]. En réprimant nos émotions, nous avons l’impression d’être plus rationnel, objectif. Nous pensons tous faire des choix rationnels et guidés par la raison. Or, les études scientifiques montrent que 80 % de nos décisions sont impulsées par une dimension purement émotionnelle et intuitive.

Faire fi des états émotionnels qui nous habitent à chaque instant et influencent nos décisions et donc nos actes, c’est plutôt cela qui est irrationnel.

 

Alors quoi ? Pouvons-nous sortir de cette dualité raison et émotion culturellement induite en chacun.e de nous ? Pouvons-nous tracer une voie en dehors de  « se couper de ses émotions pour garder une objectivité (toute illusoire) » ou de « se laisser déborder par ses émotions et perdre tous ses moyens » ? Comment rentrer en relation avec elles ?

 

Il y a schématiquement deux manières de dialoguer avec nos émotions. Daniel Goleman les appelle la voix haute (ou lente) et la voix basse (ou rapide) [3]. Les circuits de la voie basse opèrent en-deçà de la conscience et traitent les informations très rapidement. L’essentiel de ce que nous faisons, en particulier dans le domaine émotionnel, est piloté par cette voie. A l’inverse, les systèmes neuronaux de la voix haute travaillent de manière plus méthodique, pas à pas. Quand nous traitons les informations à ce niveau, nous sommes conscients de ce qui se passe et nous rentrons en dialogue avec notre vie intérieure, ce qui n’est pas le cas avec la voie basse.

 

En développant les circuits cérébraux qui permettent au circuit bas, générateur d’affect, d’être régulé par le circuit haut, modulateur, la pratique de la mindfulness, méditation de pleine conscience renforce la non-réactivité émotionnelle. En quelque sorte, le dialogue entre les différentes parties du cerveau favorise l’intégration entre nos émotions et nos décisions. 



[1] Angelo Soares, Les émotions dans le travail dans la Revue Travailler

[2] Dominique Steiler, Prévenir le stress au travail : de l’évaluation à l’intervention

[3] Daniel Goleman, L’intelligence émotionnelle

Entrer en amitié avec ses émotions

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La pratique de la méditation de pleine conscience va plus loin encore, en nous invitant à apprivoiser nos émotions.

Les apprivoiser non pas au sens d’un dompteur de cirque, mais plutôt - comme le renard l’apprend au petit prince - au sens de « créer des liens » :

« Qu'est-ce que signifie apprivoiser ?

- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens..."

[...]

- On ne connait que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

- Que faut-il faire ? dit le petit prince.

- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près... » [1]

 

La méditation nous invite ainsi à entrer en amitié nous-mêmes, y compris avec tous nos états émotionnels, quels qu’ils soient. Vivre pleinement ses émotions, sans les subir ni les réprimer, comme une clef de compréhension de soi, mais aussi des autres.

A partir de cette expérience intime pleinement vécue, est-ce que nos rencontres, nos dialogues, nos actes n’en seraient pas plus éclairés, plus justes, plus respectueux aussi peut-être ?

 

Tisser des liens en profondeur.

Suivre la voie/voix des émotions, retrouver le lien à soi, le lien aux autres et le lien à plus encore, le vivant, la nature autour de soi. Rejoindre ce qu’Abdennour Bidar appelle les Tisserands, ces personnes qui s’attèlent à « réparer le tissu déchiré du monde »[2].



[1] Antoine de Saint Exupéry, Le Petit Prince

[2] Abdennour Bidar, Les Tisserands. Réparer ensemble le tissu déchiré du monde 

En bonus, une proposition de pratique : méditation sur la joie

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